Algodystrophie

Qu’est-ce que c’est?

L’algodystrophie, ou syndrome douloureux régional chronique, parfois également appelé syndrome épaule-main correspond à d’une réaction anormale de l’organisme à un traumatisme, même minime, de type entorse, fracture, ou une intervention chirurgicale.

La main et le poignet sont touchés de façon non exceptionnelle. C’est une complication fréquente dans certaines pathologies comme les fractures du poignet.

Il est connu qu’elle survient légèrement plus fréquemment chez les femmes que chez les hommes et que l’on retrouve souvent soit un terrain anxieux, soit un stress important, souvent lié à l’accident initial ou à l’intervention chirurgicale.

Elle peut être déclenchée par les douleurs postopératoires aussi, nous vous conseillons de bien prendre les antalgiques qui vous seront prescrits après l’intervention. C’est pour cela également que les anesthésistes vous proposeront, en cas d’intervention, de réaliser une anesthésie loco-régionale de longue durée d’action, avec un membre supérieur et/ou une main qui peut rester endormi jusqu’à 24h après l’intervention.

Il est à l’heure actuelle impossible de prévoir qui fera une telle complication.

Les signes de cette affection sont marqués par des douleurs souvent importantes, des raideurs articulaires, un gonflement de la main et des doigts, des sensations de chaud et/ou de froid, une sensation de brûlures, des excès de transpiration, une diminution de force, des troubles de la coloration de la peau qui peut être rouge ou au contraire pâle, voire violacée. Quelquefois, ces signes sont limités à une partie de la main, d’autres fois l’épaule peut également être atteinte.

Des examens complémentaires sont rarement nécessaires pour confirmer le diagnostic. On peut observer une décalcification localisée des os de la main sur de simples radiographies. Ce signe n’est pas spécifique et sa survenue tardive rend cet examen non contributif au début.

La maladie évolue en 3 phases, sur plusieurs mois :

  1. La phase aigüe : elle apparaît dans un délai variable après le traumatisme ou l’intervention chirurgicale (quelques jours à quelques semaines).
  2. La phase de rémission : les symptômes décrits ont tendance à régresser. Les douleurs s’estompent, la main dégonfle et le plissement cutané réapparaît, les doigts et le poignet recommencent à bouger avec moins de douleurs.
  3. La phase de séquelles : elle se caractérise par un enraidissement des articulations des doigts et/ou du poignet (parfois même de l’épaule), avec parfois un aspect « fibreux » ou « cireux » des doigts. Les doigts sont enraidis en flexion. Ces séquelles peuvent être douloureuses.

Prise en charge thérapeutique

Les traitements varient en fonction des douleurs et de la gêne dans les mouvements. Ils permettent de faire diminuer progressivement les signes cliniques mais l’évolution reste capricieuse pendant plusieurs mois voire un ou deux ans et les séquelles à terme ne peuvent pas toujours être évitées malgré un traitement bien conduit. Malgré les traitements, l’évolution est souvent longue.

Il n’y a pas de traitement standard mais l’efficacité dépend de la précocité de la mise en route. Le principe essentiel est de supprimer la douleur. Nous pourrons vous proposer une prise en charge spécifique avec une consultation auprès d’un médecin snesthésiste – algologue spécialisé dans cette pathologie notamment.

En plus des traitements à visée antalgiques, il est essentiel d’instaurer une rééducation dont le principe de base est d’obtenir et d’entretenir la mobilité articulaire dans un secteur indolore. Cette rééducation doit donc être douce. Elle est souvent prescrite de façon prolongée. De nombreux moyens sont utilisables : bains alternés (ou bain écossais) (tremper la main 15 secondes dans de l’eau tiède, puis 15 secondes dans de l’eau froide, pendant 20 minutes, 3 fois par jour), pressothérapie, massage et mobilisations articulaires douces, mise en charge active progressive du membre supérieur.

Une prise en charge avec des orthèses de repos et orthèses dynamiques est souvent nécessaire.

La collaboration complète du patient au décours d’un traitement aussi long est fondamentale.